Le droit à l’erreur

Selon le site economie.gouv.fr,

« le droit à l’erreur s’inscrit dans le cadre de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance (ESSOC) qui prévoit plusieurs mesures destinées à rénover les relations entre le public et l’Administration ».

Ça rassure…

Néanmoins, nul n’est censé ignorer la loi, dit-on. Je ne vois pas comment. C’est vaste la loi.

Et pour les enfants ? Pour les adolescents, c’est pareil ? Est-ce qu’ils doivent connaître la législation dès la naissance ? Est-ce qu’ils doivent sucer de leur pouce le règlement intérieur ou pire celui qui régit les relations sociales ?

En réalité, ils ont besoin de nous, les adultes, pour comprendre comment cela fonctionne.

Et ils ont le droit à l’erreur.

Mieux encore, ils ont le devoir d’erreur.

L’erreur sert à apprendre. Il faut, de plus, la commettre plusieurs fois « pour que ça rentre ».

Personne n’a jamais ingurgité une table de multiplication en un clin d’œil ni joué une sonate sans buter sur des notes… Toujours pile à cet endroit…

C’est ainsi qu’une petite fille de quatre ans était réputée grossière, particulièrement mal élevée. C’est vrai, quoi ! À son âge, venir se planter devant une grande personne qui n’est pas sa mère et lui claquer comme ça « putain » en pleine face ! Si ce n’est pas de l’agressivité, ça madame !

Et bien non ! C’est simplement qu’elle avait confiance en cette adulte.

Oui, suffisamment pour faire un essai auprès d’elle, juste pour voir si ce terme qu’elle avait entendu dans la bouche de son oncle était autorisé ou pas. Elle avait bien vu que maman avait fait les gros yeux à Tonton, mais de là à comprendre exactement pourquoi !

Bon, elle a appris qu’il est interdit de prononcer ce mot terrible puisqu’elle s’est retrouvée au coin. Elle a perdu son optimisme face à ce dragon qui l’a agonie de reproches illico. Et elle s’est retrouvée avec une belle étiquette dans le dos.

N’oublions pas que, lorsque l’on travaille avec des êtres vivants, la bienveillance n’est pas une option. Et c’est partout, tout le temps.  

La cour de récréation, l’accueil de loisirs, la cantine, la garderie, comme la classe, est un laboratoire où chacun doit pouvoir oser des essais-erreurs en toute sécurité. C’est de cette manière que l’on grandit, que l’on apprend à être soi-même et avec les autres.

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