Il faut tout un réseau pour éduquer un enfant…
Je vis et j’ai travaillé en plein Quartier Prioritaire Politique de la Ville où le milieu scolaire est impliqué dans des opérations partenariales qui visent à soutenir l’action parentale et la réussite éducative au sens large. Les centres sociaux y sont des acteurs majeurs. Leurs projets participent à la coéducation au cœur des territoires dans un cercle vertueux.
L’éducation et la politique de la Ville
Pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales et favoriser l’équilibre des chances, certains établissements scolaires sont classés REP ou REP+, ce qui signifie qu’ils bénéficient d’horaires différenciés pour les enseignants. Cette organisation leur permet de « travailler collectivement et se former ensemble, concevoir et organiser le suivi des élèves, coopérer davantage avec les parents d’élèves ».
https://eduscol.education.fr/1028/la-politique-de-l-education-prioritaire-les-reseaux-d-education-prioritaire-rep-et-rep
Les classes de CP et CE1 sont dédoublées, l’accent est mis sur l’entrée en sixième, un réseau de partenaires met en œuvre des opérations pour soutenir l’action parentale :
Le Programme de Réussite Éducative : « Les actions sont dispensées par l’ensemble des acteurs de la communauté socio-éducative. Elles répondent à des besoins de l’enfant identifiés au préalable : santé, accompagnement scolaire et éducatif, prévention du décrochage scolaire, soutien à la parentalité, actions culturelles, sportives, de loisirs. »
https://anct.gouv.fr/programmes-dispositifs/politique-de-la-ville/dispositifs/programme-de-reussite-educative
Les Cités éducatives « visent à intensifier les prises en charge éducatives des enfants et des jeunes, de 0 à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire. Elles consistent en une grande alliance des acteurs éducatifs dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville : parents, services de l’État, des collectivités, associations, habitants. »
https://anct.gouv.fr/programmes-dispositifs/politique-de-la-ville/dispositifs/cites-educatives
Les attentes des habitants, acteurs majeurs des centres sociaux
Soucieux de la réussite de leurs enfants, les parents réclament basiquement une aide aux devoirs, des conditions de vie et de logement décentes. Ils participent à des animations qui leur permettent de sortir de leur quotidien, comme des sorties familiales ou des voyages, des fêtes et des temps conviviaux, un accompagnement dans leurs démarches administratives. Pour certains, accéder à des droits et apprendre la langue française est primordial. Toutes ces préoccupations sont renforcées dans le cas de cellules monoparentales.
Les centres sociaux proposent des activités qui tendent à la fois à répondre aux attentes des pouvoirs publics et des habitants. Ceux-ci sont impliqués dans la gouvernance : la structure accompagne leur projet social collectif et les résolutions individuelles.
Les animations servent de prétexte pour répondre à leurs besoins et anticiper leurs difficultés. Certaines entités peuvent faire un repérage précoce des problématiques éducatives dans des services dédiés à la petite enfance. Les actions parentalité visent la coéducation. Les accueils de loisirs constituent le vivier de la détection et de la mise en œuvre des démarches de préservation de la santé, de prévention de la délinquance ou encore du décrochage. Ils peuvent trouver un relais dans des propositions autour de l’accompagnement à la scolarité du primaire au lycée, parfois complétées par l’insertion professionnelle des jeunes et des adultes. Les opérations en faveur des seniors visent à leur permettre de bien vieillir dans des conditions choisies. Elles favorisent la transmission transgénérationnelle.
Les centres sociaux se trouvent au cœur du réseau des engagements éducatifs portés par la politique de la Ville dans les quartiers prioritaires. Ils favorisent l’expression des besoins réels de la population. Ils doivent pourtant souvent renoncer à prendre une part constante dans les actions par manque de renouvellement des budgets qui empêchent de pérenniser les postes des personnels au contact du public. Le turn-over produit un effet délétère.
Un proverbe africain dit : « il faut tout un village pour élever un enfant… »
Je forme ces salariés ainsi que ceux des écoles, collèges et lycées afin que chacun prenne conscience de son rôle de coéducateur dans le réseau, qu’il soit celui d’un QPV ou non, en milieu rural ou urbain. La coéducation ne commence pas au poste de coordinateur ou de direction.




