Apprendre à être : du rythme scolaire au cadre éducatif, une réflexion sur le sens de la loi

Apprendre à apprendre,

c’est le but de l’école. Et pour une part, à l’école, on « apprend à être » en société. Et cela continue au centre social ou en colonie de vacances.

Apprendre par tâtonnement, c’est risquer de se brûler. Suivre une méthode, c’est risquer de simplement se conformer.

Dans Qu’est-ce qu’apprendre ? – Éditions PUF 1980 – réédition de 2013, Olivier Reboul nous enjoint à ne pas confondre la méthode et ses excès.

« Reste que la méthode n’est vraiment éducative que si le sujet en comprend la nécessité. S’il ne voit pas le but des exercices de détails, comme la respiration ou les gammes, ceux-ci ne sont plus que des corvées qui risquent non seulement de le dégoûter d’apprendre, mais plus encore de l’aliéner dans le conformisme… »

C’était la volonté de la société industrielle lorsqu’elle avait besoin de travailleurs à la chaîne dont le seul but était de nourrir leur famille. En 2025, nous cherchons le sens de notre labeur et les employeurs disent avoir besoin de créatifs…

Dans une cour de récréation,

nous ne voulons pas de « bons petits soldats » ni de « mini-anarchistes » qui s’ignorent. Ces derniers, d’ailleurs seraient une meute d’enfants rois tels qu’on en rencontre tant. Une meute dans laquelle la loi du plus fort est toujours la meilleure. Une meute de pauvres êtres jamais repus par cette société de consommation qui ne peut satisfaire leur besoin fondamental : avoir envie !

Et dans une meute, il trouveraient à satisfaire un deuxième besoin tout aussi important celui d’avoir un cadre, un chef qui leur montre la voie, même si, en réalité, il naviguerait à vue.

Faire de son enfant un roi, je le rappelle, c’est de la maltraitance.

Mais revenons dans nos cours de récréation,

dans nos cantines, dans nos accueils de loisirs. Un règlement intérieur, des règles de vie, ce sont des directives, une liste d’interdits à laquelle il faut se conformer sans parfois comprendre pourquoi sous peine de punition. Vous allez me rétorquer « sanction éducative », « explication », voire « réparation ». Je n’en attendais pas moins de vous !

Ce n’est pas pour autant une méthode qui pourrait leur permettre à coup sûr d’apprendre à réfléchir avant d’agir.

Est-ce que nous voulons des adultes qui regarderont juste s’il n’y a pas de radar avant d’appuyer sur le champignon ? Qui voleront du matériel dans leur entreprise parce qu’il y en a d’autres qui le font ? Ou encore des adultes qui jugeront et condamneront à mort parce que « ça ne se fait pas, point final ».

L’école, le collège, le lycée, les accueils collectifs de mineurs sont tous des lieux où on peut acquérir des savoir-faire transférables, des compétences de citoyen. Dès la maternelle, je vous l’assure, on peut apprendre le sens de la loi. Non pas pour devenir juge des comportements de ses concitoyens, mais pour savoir jauger les siens. Très concrètement, on peut décider ensemble des règles de chaque lieu de vie commune. Pas avec des ronds rouges et des ronds verts, non ! C’est comme une liste d’interdits !

Un exemple ? À la cantine : « j’ai le droit de manger dans le calme ». C’est vrai ou pas ? Donc : « je n’ai pas le droit de crier ».

De la même façon, vous avez le droit d’être en sécurité sur la route, c’est pourquoi vous ne passez pas au feu orange ! Ou encore, dans la rue, ce qui explique que vous ne tuiez pas les passants…

Si vous savez dire pourquoi vous adoptez un certain comportement, si ce n’est pas juste « pour ne pas en prendre une… », vous avez compris que la loi garantit des droits. Vérifiez ! Chaque texte commence par cela !

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