E=mc³ : E comme éducation populaire
Mais l’éducation populaire, c’est quoi ?
Vaste sujet, vaste « machin » dont chacun fait un peu ce qu’il veut… C’est normal, nous baignons tous dedans sans même le savoir !
Moi-même, à la suite de mon passage dans un enseignement privé comme CPE, je ne savais pas que j’étais adepte de l’éducation populaire. Je venais de créer mon entreprise après un licenciement économique, et une chose était claire pour moi :
chaque personne est porteuse de savoirs, et elle doit avoir le choix de sa propre trajectoire.
À l’époque, je proposais de l’accompagnement individuel et de la formation.
C’était la grande période de la réforme des rythmes scolaires. Je voyais bien à quelles difficultés allaient se confronter les municipalités responsables de l’organisation et, comme je suis une incorrigible optimiste, je trouvais que c’était une formidable occasion de faire monter les personnels d’encadrement en compétences, de donner plus de sens et de professionnalisme à leur métier.
Souvent, dans les petits bourgs, la dame engagée pour faire le ménage servait les enfants à la cantine, puis surveillait la cour. Elle allait être promue animatrice de Temps d’Activités Périscolaires… Ailleurs, c’étaient des bénévoles…
On raconte que l’éducation populaire
s’est construite contre l’éducation nationale. On dit que, maintenant, elle est « tout contre ». Soit… Je le note.
En 2016, j’ai commencé à travailler pour les centres sociaux où j’ai découvert un monde d’appels à projets et de turn-over des équipes. L’une de mes directrices, tentant de réfréner ma fougue, me certifiait que les jeunes n’ont plus la foi des militants d’autrefois. Vraiment ?
Je connais peu de personnes qui travaillent pour leur structure, encore moins pour le quartier dans lequel elle est implantée, je pense que nous devons revenir à ces fondamentaux. Interrogez-les… Ils ne savent pas tous très bien pourquoi ils sont là…
En collège, on devait mettre l’élève au centre. Optimiste, mais lucide, je voyais bien que des trous existaient dans le cercle. Certains croyaient que ça voulait dire en faire un roi…
Pourtant, tout comme la bienveillance, j’affirme que ce n’est pas une option…
Revenons un peu en arrière : l’éducation populaire est née en 1944 grâce à Christiane Faure, la belle-sœur d’Albert Camus, qui œuvrait alors au sein même de l’éducation nationale. Elle avait compris que le fait d’être cultivé n’empêchait personne d’être fasciste. Il fallait apporter à tous une éducation politique pour que chacun choisisse la démocratie en connaissance de cause.
Avant elle, Nicolas de Condorcet affirmait que « L’inégalité d’instruction est une des principales sources de la tyrannie. »
Donc, je suis adepte de l’éducation populaire.
Le périscolaire est dans le scolaire, le scolaire dans le périscolaire. Les ministères, ça va, ça vient. C’est comme la queue du chien et surtout, comme les budgets.
Réfléchissons peu, mais réfléchissons avec : mettons l’enfant, l’adolescent, l’adulte devant, au centre, à côté, dessus ? En fait partout, car c’est le même à l’école, au collège, au lycée, puis dans la vie du quartier. C’est le même qui travaille à la cantine, à la garderie, dans la salle de permanence ou dans la cour. C’est le même qui anime les accueils de loisirs, puis qui prend la direction des Accueils Collectifs de Mineurs ou qui devient référent RSA, voire Conseillère en Insertion Professionnelle.
Bon alors, on y va ?




